Les méthodes de gestion classiques utilisées par les entreprises manufacturières et de services à travers le monde sont connues de tous : coût de revient, comptabilité analytique et budgétisation aux volumes d’activités. Qu’en est-il du domaine de la santé au Québec ? Le mode de financement est essentiellement basé sur un mode historique de 20 ans.
Comment un établissement qui a connu une importante croissance démographique de son territoire limitrophe au cours des dernières années peut-il être bien servi avec un tel budget ? Ses volumes d’activités augmentent sans cesse. La croissance des services rendus à la population évolue plus rapidement que l’augmentation de son budget moyen. À votre avis, l’établissement sera-t-il sous-financé et déficitaire ? La réponse est fort probablement oui. Il lui sera hélas difficile de faire ses frais et d’investir dans l’amélioration de ses services car, selon la définition actuelle de la performance au Québec, cet établissement sera non performant. Cette façon de traiter cet établissement est-elle juste ?
A-t-on évalué l’établissement en fonction des critères suivants :
• la maîtrise et la gestion des processus en place à l’urgence et au bloc opératoire, par exemple ?
• les trajectoires des patients en fonction de leur pathologie et de leur niveau de gravité clinique ?
• les variations des pratiques cliniques ?
• le « rendement sur investissement » en termes de qualité de soins et en productivité suite à l’introduction de nouveaux équipements et de nouvelles molécules ?
• la gestion des coûts de la non-qualité, réadmissions et infections par exemple, et de la gestion de la clientèle avec maladies chroniques ?
Après avoir répondu à ces questions, on découvrira peut-être qu’un établissement jugé déficitaire est au contraire performant.
Contexte mondial du financement des établissements de santé
À l’heure actuelle, plusieurs pays utilisent une méthode de financement différente de celle employée au Québec : Australie, Autriche, Belgique, République Tchèque, Danemark, Allemagne, Hongrie, Italie, Japon, Nouvelle-Zélande, Norvège, Suède et Suisse. Il s’agit d’une méthode basée sur le financement à l’activité. De façon simple, l’établissement est payé en fonction des services rendus et peut empocher les excédents (des profits !) pour les investir dans l’amélioration des soins aux patients.
L’exemple de la Suède et de l’Alberta
La Suède a changé son mode de financement sur une base historique pour un financement à l’activité en 19931. En 15 ans, les autorités locales ont identifié une hausse de la productivité de 8 % au niveau de l’hospitalisation (dont 50 % pour le nombre de chirurgies d’un jour) et de 15 % en ce qui a trait aux services externes. Et malgré cette importante hausse de productivité, les dépenses de la santé ont diminué de 1 % durant cette période. Au Canada, il y a seulement l’Alberta qui, depuis 2009, a emboîté le pas au financement à l’activité.
Comment faire face à ce défi au Québec ?
Pour effectuer le passage vers un financement et une gestion de la performance à l’activité, on doit atteindre la synergie des systèmes informatiques en place dans l’établissement. Pour réaliser la construction de tous les épisodes de soins et répartir tous les coûts des activités sur les patients, il faut lier les systèmes d’un même établissement et construire les épisodes de soins autour d’une clé unique : le numéro de dossier. Même si cette tâche n’est pas simple, un fournisseur québécois de solutions technologiques et de services conseil l’a réussie : MédiaMed Technologies.
MédiaMed Technologies : Experts en coût par activités
MédiaMed Technologies a développé un outil informatisé de support à la décision nommé MAGIC (Module d’Aide à la Gestion de l’information Clinique), qui permet l’intégration des bases de données financières à celles des données cliniques d’un établissement de santé. Son architecture, par secteur d’activités cliniques, facilite le découpage des coûts par centre de dépenses et permet également de faire de la simulation et de distinguer des zones potentielles d’amélioration de la performance en plus de devenir un outil essentiel pour les ententes de gestion.
Depuis 10 ans, cette solution permet aux établissements de consulter leurs informations cliniques en un seul point de chute. Plus de 14 établissements ont déjà fait la comptabilité par activités de toutes leurs clientèles à l’aide de ce système.
La solution MAGIC Coût par activités permet aux gestionnaires d’analyser, planifier et simuler les activités et les ressources ainsi que leurs impacts sur les clientèles, selon les perspectives transversales et sectorielles : une nouvelle approche de gestion et d’amélioration de la performance où, enfin, les ressources, les services et les impacts cliniques sont liés directement aux patients d’un établissement.
Actuellement, au Québec, l’hospitalisation est mesurée sur la base de comparables états-uniens plutôt que selon des standards québécois. L’an dernier, MédiaMed Technologies a mis sur pied un club d’utilisateurs, permettant aux établissements de se comparer entre eux et ainsi obtenir les premiers standards québécois de coûts par épisodes de soins.
En étant branché à tous les systèmes d’information de l’établissement, MAGIC affiche les coûts ainsi que toutes les informations reliées à ces coûts. MAGIC ouvre toute grande la porte de la performance clinique et financière qui est intimement liée à la consommation de temps et aux achats pour chaque production de services cliniques.
Exemples d’utilisation au CHU Ste-Justine
En 2006, le CHU Sainte-Justine a utilisé le produit MAGIC pour élaborer le budget de fonctionnement du Centre de cancérologie Charles Bruneau. Ce budget a été basé sur les coûts réels. Pour le financement des greffes de moelles osseuses, le financement « traditionnel » estimait le montant à 65 000 $. Dans le cadre des travaux avec l’utilisation de MAGIC, le coût moyen réel était plutôt de 167 000 $, soit un manque à gagner de 102 000 $ par greffe pour un total de 4,5 millions $ pour 42 patients greffés pour l’année 2004-2005. L’élaboration de la mesure de coûts par épisode de soins a fourni, en plus des coûts moyens des évaluations, des coûts fixes, variables et marginaux de prestation de services à des clientèles bien identifiées2.
Les démarches de projection des besoins cliniques et financiers sont possibles, mais requièrent un temps important et sont difficilement répétables pour plusieurs secteurs à la fois. Dans le cadre du projet Grandir en santé, le CHU Sainte-Justine et la firme MédiaMed se sont associés pour développer un nouveau module de simulation budgétaire du logiciel MAGIC, pour évaluer et automatiser le calcul des coûts reliés au plan clinique dans le cadre de ce projet de modernisation. Le module a permis de générer de façon immédiate les informations financières (coûts) reliées aux variations des volumes et des lourdeurs des clientèles, de simuler les coûts reliés à un diagnostic précis ou une multitude de cas De plus, MAGIC a facilité une compréhension globale de l’ensemble des coûts reliés aux épisodes de soins3 .



